Est-ce utile de protéger son idée d’entreprise ?

Est-ce utile de protéger son idée d’entreprise ?

Je suis en train de créer JavaScript de Zéro, une formation vidéo en ligne pour apprendre le JavaScript. Elle est conçue spécialement pour les débutants complets en programmation.

Il y a 5 mois environ j’ai eu une conversation par email très intéressante avec un testeur d’Hercule qui m’a rappelé la façon dont je pensais au tout début de mon projet de création d’entreprise.

Voici un extrait de son email :

(…)
J’ai la mauvaise habitude de regarder toutes les possibilités et donc d’envisager aussi les problèmes…
Je n’ai pas envie de te casser dans ton élan et je me permet de penser tout haut…
Comment peux tu protéger ton idée ?
Tu es parti pour réaliser un produit abouti
Et je ne vois pas comment tu peux verrouiller pour ne pas être copié ? Le cahier des charges sera le même pour quiconque voudra s’y essayer. D’ailleurs il est étonnant qu’aucune appli actuelle (j’imagine que tu as vérifié) ne réponde complètement à ce besoin.
Aucune envie de te faire douter. J’imagine que tu as déjà réfléchis à tout cela.
Bonne continuation.

Il y a plusieurs mois, en voulant me renseigner sur comment protéger son idée justement, je suis tombé sur un excellent post de Guilhem Bertholet qui démonte (il n’y a pas d’autres termes) le culte de l’idée d’entreprise.

Vous pouvez consulter ce billet ici (j’ai ajouté d’autres billets qui traitent du même sujet) :

Je m’inspire ici de ces billets et de mon avis personnel pour casser une bonne fois pour toute ce faux besoin de vouloir protéger son idée d’entreprise, qui est un problème très franco-français je trouve.

Comment protéger son idée d’entreprise ?

Techniquement, une idée ne peut pas se protéger. Dans ce contexte, on entend souvent par le terme idée toute forme de solution répondant à un problème donné. Cela peut aller de techniques de fabrication à des algorithmes de traitement de l’information, en passant par des solutions innovantes de produits déjà existants (aspirateur dyson par exemple). Pour simplifier ce billet on utilisera le terme idée comme un synonyme de solution répondant à un problème donné.

En fonction du type d’idée qu’on a, on peut protéger cette idée via des brevets. C’est ce qu’a dû faire dyson avec son aspirateur, c’est ce que doivent faire les laboratoires pharmaceutiques pour leurs molécules et produits chimiques en tout genre. C’est compliqué, ça coûte cher (surtout quand vous l’étendez à l’international) et certains pays ne se privent pas de ne pas respecter les brevets. Il faut aussi avoir des personnes dédiées qui traquent sans arrêt les contrefaçons pour porter plainte, ça coûte beaucoup de temps et d’argent. Pour ce type d’industrie, c’est nécessaire, c’est le jeu (un jeu malsain dont les patent trolls sont la conséquence mais tant que les lois au niveau mondial ne changeront pas, il faut savoir à quoi s’attendre).

Dans ce billet je vais principalement me focaliser sur la protection d’une idée logicielle, dans mon cas, comment protéger l’idée derrière Hercule ?

Que dit la loi pour la protection d’idée logicielle ?

Pour tout savoir sur le sujet, direction le site de l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle.

On y apprend que la protection par brevet est accordée par pays et que le droit des brevets de chaque pays ne produit ses effets qu’à l’intérieur des frontières de ce pays. Autrement dit, si j’avais voulu déposer une idée logicielle il aurait fallu que je le fasse dans tous les pays du monde pour être sûr de ne jamais me la faire « voler ». Ce qui coûte extrêmement cher, surtout qu’il faut payer pour renouveler le brevet chaque année !

De plus, on y apprend que certains pays ne considèrent pas les logiciels comme des inventions brevetables, par conséquent une demande de brevet dans ce genre de pays serait refusée, et toute personne ou société exerçant dans ce genre de pays pourrait copier l’idée logicielle en toute légalité.

Il faut aussi que l’invention ne soit pas évidente dans l’état de la technique actuelle, pour Hercule je ne vois pas ce qu’il y a d’innovant dans cette idée logicielle !

Enfin, je cite : en Europe, la Convention sur le brevet européen (CBE) exclut expressément les « programmes d’ordinateur » en tant que tels et les « méthodes dans le domaine des activités économiques » en tant que telles de l’objet brevetable. (..) En revanche, le Code des États-Unis d’Amérique n’exclut pas expressément les logiciels ou les méthodes d’exercice d’activités économiques de l’objet brevetable (…) Ainsi, certaines innovations liées à des logiciels peuvent être considérées comme des objets brevetables aux États-Unis d’Amérique, alors que les mêmes innovations pourraient ne pas l’être en Europe ou au Japon.

Pour conclure, il semble bien difficile de faire breveter une idée logicielle, même si on y arrive, cette protection serait limitée à certains pays et coûterait extrêmement cher. Par conséquent vouloir protéger son idée logicielle semble difficle voir impossible.

Seul moyen de « protéger son idée », ne pas en parler… mais nous allons voir que c’est encore pire comme solution.

Les mythes de la protection de son idée

Mythe n°1 : Si je parle de mon idée, tout le monde va me la prendre, il faut que je la garde secrète

Et dire que j’ai pu penser comme ça un jour (pas pour Hercule mais pour d’autres idées)… quelle absurdité.

En partant avec un tel état d’esprit, on voit des fous furieux qui bossent pendant 1 an (ou plus !) dans un bunker sur leur projet sans jamais en parler à personne, même pas à leurs utilisateurs potentiels, très grave erreur ! Au final, ils sortent leur produit sur le marché, pensant que leur idée va faire un carton, et résultat tout le monde s’en fout ! Ils ont ainsi perdu 1 an ou plus de leur vie à développer un truc qui n’intéresse personne.

Il faut bien comprendre quelque chose de très important, avoir une idée, c’est bien, faire quelque chose que les gens veulent, c’est mieux, et si vous ne parlez pas aux gens, comment voulez-vous savoir s’ils veulent ou pas votre idée (qui se transformera en produit) ? Ne faites pas l’erreur de croire que tout le monde pense comme vous, ce n’est pas le cas, pour connaître la vérité, il faut aller parler aux gens, il n’y aucune autre façon de faire.

Deuxième point, si vous avez une idée, d’autres l’ont eu avant vous. Point final. Vous n’êtes pas un génie. Google n’était pas le premier moteur de recherche quand ils se sont lancés, Apple n’était pas le premier constructeur de smartphones, Dyson n’était pas le premier constructeur d’aspirateurs, il y a des milliers d’exemples dans l’industrie. L’idée ne vaut rien, c’est son exécution qui est importante.

Troisième point personne n’a envie d’arrêter sa vie du jour au lendemain pour prendre le risque de concrétiser votre idée à votre place sans avoir de garantie que ça va marcher. Personne n’aura votre passion non plus pour développer votre idée jusqu’au bout, car s’ils avaient déjà cette passion et l’envie de créer leur boîte, ils auraient déjà créé leur boîte !

Enfin il faudrait que la personne/l’équipe soit prête à tout lâcher pour se mettre à 100% sur ce projet : combien de personnes seraient prêtes à lâcher leur confort de salarié pour faire ça ? Imaginez, un développeur passe sur ma page et se dit qu’il pourrait faire mieux que moi, il faudrait qu’il lâche le confort de son boulot pour se lancer dans un truc complètement hypothétique… déjà il faudrait qu’il ait envie de monter sa boîte, mais en plus il faudrait qu’il soit très motivé à développer cette idée car croyez-moi il en faut de la motivation pour développer un produit à partir de rien !

Quatrième et dernier point : les sociétés du secteur vont me piquer mon idée. Quand Google se vautre sur une idée, c’est la honte pour eux, c’est plus facile d’attendre qu’une startup lance une idée et qu’ils la rachètent plutôt que de perdre leur temps à la développer et de risquer de voir leur courbe en bourse dégringoler. Idem pour Apple ou tous les grands groupes qui travailleraient dans le domaine de votre idée, ils ont d’autres chats à fouetter, et surtout, ils n’ont aucune garantie que votre idée fonctionnerait, donc ils ne vont pas dépenser des millions juste pour une idée pour l’instant non validée.

Mythe n°2 : C’est l’idée qui fait toute la force de l’entreprise et du business qui vient autour

Je discutais avec un ami récemment qui me disait vouloir monter sa boîte mais qui ne voulait pas faire quelque chose que d’autres avaient déjà fait. C’était très intéressant comme blocage, je pense que c’est très symptomatique de nombreuses personnes avec qui j’ai discuté quand j’ai parlé de créer ma société. Tous m’ont dit souvent la même chose « oui mais il faut avoir une bonne idée pour monter son entreprise ».

Ah bon ? Depuis quand ?

Si c’était le cas, pourquoi de nouveaux restaurants ouvriraient chaque jour ? Pourquoi de nouveaux constructeurs automobiles feraient leur apparition sur le marché ? Idem pour les constructeurs de smartphones, en fait ça s’applique à toute industrie quand on y pense !

Comme je l’ai dis ce n’est pas l’idée qui fait la force de l’entreprise, mais son exécution, et la vision sur le long terme qu’en ont les gens qui l’exploitent. C’est pourquoi on voit toujours dans un marché très fragmenté apparaître un ou deux gros acteurs qui ont plus de clients que les autres acteurs du même marché. C’est tout simplement parce que leur produit est meilleur, l’exécution de leur idée est meilleure, pourtant l’idée originale est la même. Dyson, qui fait des aspirateurs, a renversé le marché parce que leur exécution était meilleure, mais l’idée était la même et existe depuis longtemps : fabriquer et vendre des aspirateurs.

Les erreurs à ne pas commettre concernant son idée

Comme on a pu le voir ces mythes n’ont franchement pas lieu d’être, ils sont tous les deux complètement absurdes lorsqu’on se penche sur la question. Maintenant, concernant son idée, il y a quelques erreurs à ne pas commettre.

Ne pas parler de son idée

A cause du premier mythe, certains entrepreneurs vont bosser sur leur projet dans un bunker pendant des années avant de le montrer au public. Ça n’a que des effets néfastes de procéder ainsi :

  1. Vous pourriez passer à côté de l’inutilité totale de votre idée : par exemple j’avais pour idée de faire une appli android pour pallier aux problèmes du GPS pour les motards. J’utilise mon téléphone comme GPS que je fixe sur le guidon et je voulais faire une appli qui utiliserait des codes couleurs sur l’écran du téléphone pour savoir s’il faut tourner à gauche ou à droite par exemple, avec écrit en gros la distance avant de tourner. Car le gros problème avec les GPS pour moto c’est le soleil qui vient taper sur l’écran et on voit rien. En en discutant avec mon oncle qui est motard, il m’a dit mais pourquoi tu n’utilises pas une oreillette bluetooth ? Et bim ! Je n’avais pas pensé à ça tout simplement car je n’ai jamais utilisé d’oreillette bluetooth avec mon smartphone. Imaginez l’EPIC FAIL de lancer une telle appli, et que les gens vous disent, mais c’est quoi l’intérêt par rapport à mon oreillette bluetooth ? Vous avez perdu 1 an de cash pour rien, félicitations.
  2. Vous pourriez passer à côté de nouvelles idées : les gens peuvent vous donner des idées géniales à partir de votre idée de base, en continuant la discussion avec mon oncle on a évoqué les problèmes des motards et des solutions qu’une appli pourrait leur apporter et de très bonnes idées en sont ressorties !
  3. Vous pourriez passer à côté de concurrents potentiels non identifiés : les gens peuvent vous faire une liste de concurrents, c’est un réflexe chez eux, lorsque vous leur parler d’une idée, ils la ramènent à quelque chose qu’ils connaissent déjà. Souvent ils citent le nom d’une boîte, le nom d’un concurrent et c’est très bien de connaître la concurrence, car si vous lancez quelque chose dans un domaine où il y a déjà des acteurs, vous pouvez voir ce qui marche ou pas et en tirer des leçons. Parfois vous n’aurez pas bien fait votre étude de marché ou de concurrent et serez passé à côté d’une boîte qui fait déjà ce que vous proposeriez !
  4. Vous pourriez passer à côté de la pub gratuite : les gens vous feront de la pub gratuitement ! En parlant d’Hercule autour de moi, les gens m’ont proposé de l’aide pour faire connaître l’application dans les centres de fitness qu’ils fréquentaient, de rejoindre des groupes facebook qui traitent du bodybuilding et du fitness, de me mettre en contact avec des experts du domaine etc. C’est très enrichissant de ne pas rester dans son coin et d’avoir un réseau qui peut vous apporter beaucoup !
  5. Vous n’aurez pas de retours utilisateurs pour développer votre produit : c’est la pire chose qui puisse vous arriver. Développer un produit à partir de rien et tout faire dans son coin est la pire chose à faire. Comment voulez-vous vendre un produit à des utilisateurs si vous ne connaissez pas leurs besoins : c’est impossible. Il faut régulièrement discuter avec eux, pour connaître leurs besoins présents et futurs, et développer les fonctionnalités à partir de ces besoins. Car si vous développez un produit abouti sans prendre en compte leurs remarques, il y a de très grandes chances que ce produit ne leur soit d’aucune utilité ou mal conçu pour répondre à leur besoin et donc ils ne l »achèteront pas.
  6. Vous n’aurez aucune notoriété ni publicité lors du lancement de votre produit : le mec sort de son bunker et il lance son produit en faisant un site internet, et personne ne sait d’où il sort, il n’a aucun utilisateur. Comment voulez-vous sans aucune notoriété ou utilisateurs que le public ait confiance en vous ? Alors que si vous aviez tout de suite parlé de votre idée sur un forum ou un site web vous auriez pu avoir déjà des utilisateurs avant même que le produit soit fini et vous construire une notoriété pendant le temps de développement du produit, ce qui est extrêmement important pour que le bouche à oreille fonctionne bien.
  7. Vous ne saurez pas si un marché est présent : en effet, si vous mettez votre produit une fois terminé sur le marché, qu’est-ce qui vous dit que ça intéressera des gens ? Rien. Surtout si vous êtes parti bille en tête sans faire d’étude de marché, ce que vous avez probablement fait si vous ne vouliez pas parler de votre idée…
  8. Vous pourrez passer à côté de nouveaux marchés : les gens peuvent connaître des marchés qui auraient besoin d’une solution similaire à votre projet et qui seraient prêts à vous acheter votre solution. C’est souvent comme ça que des technologies développées pour répondre à un besoin A sont utilisées pour répondre à un besoin un peu ou parfois radicalement différent. Par exemple pour Hercule mon système de chrono pas du tout développé pour ça à la base permet à des gens qui font du HIIT de gérer leur chronos facilement, je n’ai eu qu’à modifier un peu mon code pour gérer cette fonctionnalité et c’est très apprécié des utilisateurs. Si j’avais codé dans mon bureau tout seul, jamais je n’aurai pu être au courant de ça.

Penser qu’il faut une idée géniale pour se lancer

Une idée, ça vit, ça évolue, ce qui à la base vous paraît une idée pourrie peut se transformer au fil du développement en idée géniale et parfois complètement différente : c’est ce qu’on appelle pivoter.

Une idée reste abstraite tant qu’une personne ou une société ne la concrétise pas. Cette concrétisation est la partie la plus importante pour la réussite d’une société : c’est l’exécution.

Si vous pensez qu’il faut une idée géniale pour se lancer dans la création d’une entreprise, je pense que vous avez tort. Il suffit de regarder autour de soi : restaurants, voitures, smartphones, maison, moto, vélo, lits, cuisines, mobilier etc. Tous ces objets sont produits en masse par plusieurs industries toutes différentes, qui ont toute la même idée de base mais dont l’exécution diffère et donc leur marché cible diffère.

Des acteurs différents avec la même idée vont créer des produits différents, qui adresseront des marchés différents, avec des fonctionnalités ou des caractéristiques différentes. On peut segmenter un marché d’une multitude de façon, je vais prendre le cas de l’automobile qui est simple à comprendre : on peut vouloir faire un produit de luxe (ferrari, lamborghini etc.), faire un produit pratique (véhicules utilitaires), un produit qui s’adresse à un segment de clients particulier (4×4, minivan, minibus), la liste peut continuer longtemps. L’idée de base est toujours la même, créer un véhicule qui permette de transporter des gens d’un point A à un point B.

La vision de l’entrepreneur va façonner et modeler le produit final qu’il vendra, ce qui veut dire qu’une idée identique exécutée par deux entités différentes produira deux produits différents. L’un peut trouver un marché, l’autre pas. Et c’est pour ça qu’une idée n’est pas très importante, mais que son exécution l’est bien plus !

N’attendez donc pas de trouver une idée géniale pour vous lancer, vous aurez tout le temps de pivoter ou de trouver une idée en cours de route en discutant avec vos utilisateurs.

On peut voler une idée, pas une vision

Je vais ajouter ici un petit paragraphe supplémentaire qui s’applique très bien au développement logiciel, je ne connais pas suffisamment le secteur industriel pour savoir si ça pourrait s’y appliquer, je vous laisse seul juge.

Je pense qu’il est facile de voler une idée (si on considère qu’une idée peut se voler) mais certainement pas une vision. La vision est le produit que l’on voit à long terme, d’ici 2 ou 3 ans, à quoi va ressembler mon produit ? Quel marché il adressa etc. ? Et la vision est à mon sens tellement importante pour faire un produit de qualité que même si demain une équipe de vingt personnes voulaient concurrencer Hercule, ils auraient du mal et je vais expliquer pourquoi.

Dans le développement logiciel, il faut savoir qu’une partie très importante du travail est la conception du logiciel. Tout comme une maison, il faut penser aux fondations sur lesquelles vont reposer le logiciel qu’on développe. Sans vision, on n’a aucune idée du type de fondation à utiliser, par conséquent on développe un peu sans trop savoir où on va. Et en faisant ça, on accumule de la dette technique, c’est-à-dire que plus on va avancer dans le temps, plus il sera difficile de maintenir et développer de nouvelles fonctionnalités pour le logiciel.

Reprenons notre exemple avec une équipe de vingt ingénieurs qui voudraient copier Hercule. Déjà premier point, être vingt contre un ne veut pas dire qu’ils iront plus vite que moi à développer car les problèmes de communication dans une équipe et de management que ça implique pour faire fonctionner tout le monde ensemble influent très vite sur les performances de l’équipe à développer un produit stable et cohérent. Mais bref, passons, supposons qu’ils aillent tout de même plus vite que moi pour développer.

Ils pourraient donc rattraper leur retard en copiant toutes les fonctionnalités qu’Hercule possède aujourd’hui. Bien. Mais qu’en est-il pour la suite ? Plusieurs choix : soit ils attendent que je sorte une fonctionnalité pour la copier, et donc ils auraient toujours un train de retard par rapport à ma version. Soit ils décident d’ajouter leurs propres fonctionnalités mais petit à petit ils vont accumuler de la dette technique par rapport à ma vision et à un moment ils seront coincés car je ferai une fonctionnalité qu’ils ne pourront pas copier sans un effort massif et un temps de développement très long. Sur le long terme ça ne marche pas.

Donc la vision de l’entrepreneur est infiniment plus importante que l’idée de base. C’est pour ça qu’on voit de nombreuses boîtes périr après le départ de leur fondateur, c’est tout simplement que ces boîtes perdent leur vision.

Conclusion

On a pu voir qu’il était plutôt difficile si ce n’est impossible de protéger son idée logicielle via un brevet.

J’ai insisté sur le fait que c’est une très grave erreur de ne pas parler de son idée pour la protéger car on se prive d’un vivier énorme d’autres idées et de contacts que nous apporteraient la discussion avec les utilisateurs. Pour développer un bon produit, il est donc nécessaire d’inclure le plus tôt possible les utilisateurs dans les phases de développement, pour être sûr, lorsque le produit sort qu’un petit marché sera déjà présent.

Enfin on aura fondé une certaine notoriété et un historique dans le développement de notre produit qui facilitera le meilleur outil marketing au monde : le bouche à oreille. En effet si vos utilisateurs sont satisfaits des développements et des fonctionnalités que vous ajoutez à votre produit, ils souhaiteront partager celui-ci avec leurs amis. Pour moi, un bon produit n’a pas besoin de publicité pour fonctionner, ça peut être un plus pour démarrer et le faire connaître, mais la croissance organique, via le bouche à oreille, est le meilleur moteur pour obtenir de nouveaux utilisateurs.

Pour conclure, parlez de vos idées, c’est le meilleur moyen d’affiner votre réflexion, de virer les mauvaises idées et d’en trouver de meilleures. Incluez le plus vite possible des utilisateurs dans le développement de votre produit, c’est le meilleur moyen de répondre à un vrai besoin et donc de s’assurer que votre produit sera utilisé lors du lancement au grand public.

En quelque mots : soyez le plus ouvert possible !