Quelques difficultés de communication chez Pôle Emploi, acte 2

Quelques difficultés de communication chez Pôle Emploi, acte 2

Je suis en train de créer JavaScript de Zéro, une formation vidéo en ligne pour apprendre le JavaScript. Elle est conçue spécialement pour les débutants complets en programmation.

Suite à mon affaire de lettre d’avertissement avant radiation j’ai décidé d’aller à mon agence Pôle Emploi pour tirer cette histoire au clair. Pour savoir ce qu’il en retourne, s’ils avaient bien reçu ma lettre en recommandé, bref, où ça en était…

J’ai été accueilli par une conseillère, la deuxième et dernière personne spécialisée dans la création d’entreprise dans cette agence (l’autre étant mon conseiller actuel). Je lui ai alors expliqué ce qu’il se passait. Voici globalement notre conversation (c’est dommage que je ne l’ai pas enregistrée celle-là, je ne m’attendais pas à ce dialogue de sourd).

Un dialogue de sourd

Moi : J’ai reçu une lettre d’avertissement avant radiation car j’ai refusé de suivre une prestation facultative (dixit mon conseiller, j’ai réécouté l’enregistrement de notre conversation, il l’a dit 2 fois que ce n’était pas obligatoire !).
Elle : Non non c’est normal, cette prestation permet de faire un dossier pour savoir si votre entreprise est viable ou pas et pour décider si l’on continue le maintien des allocations chômage pour vous accompagner dans la création de votre entreprise. Il faut bien comprendre qu’on ne peut pas se baser juste sur votre bonne foi surtout que (elle a ajouté ça avec un ton extrêmement déplaisant) : en plus ça fait déjà 1 an que vous êtes inscrit et en recherche d’emploi…
Moi : Attendez-là, ça fait plus d’un an que je suis inscris mais je n’ai pas touché d’indemnisations pendant cette période puisque je travaillais, j’étais en CDD à 80 % pour me consacrer au développement de mon produit, et je me suis inscris à cette date sur les conseils de Pôle Emploi.
Elle : Ah ça on s’en moque que vous n’ayez pas touché d’indemnités, nous on ne regarde que la date d’inscription et là ça fait plus d’un an que vous êtes inscrits surtout qu’il y a du travail dans votre secteur (l’informatique) donc on risque de vous demander de retrouver un travail salarié ! Nous on n’a aucune preuve que vous allez créer votre entreprise, vous avez déjà créé votre structure ?
Moi : Non, j’attendais des conseils de mon conseiller mais il est absent jusqu’au 2 juin (j’y connais rien en création de boîte, je suis ingénieur en informatique !)
Elle : (lève les yeux au ciel) Non mais nous on n’est pas là pour ça, vous avez assisté aux réunions à la CCI organisées par Pôle Emploi et la CCI ?
Moi : Oui.
Elle : Et alors vous avez contacté les organismes dont on vous a parlé pour créer votre entreprise ?
Moi : Bah non j’attendais (elle me coupe ! Je ne supporte vraiment pas son ton !)
Elle : Bah voilà déjà vous pourriez commencer par là ! Et puis appelez la CCI aussi, vous connaissez déjà le statut juridique de votre entreprise ?
Moi : Bah non justement, à priori ce serait une SAS mais je ne suis pas sûr je voulais des conseils là dessus, j’y connais rien moi c’est pour ça que j’attendais le retour de mon conseiller (elle me coupe encore)
Elle : Et bien alors qu’est-ce que vous attendez ?! Contactez la CCI pour voir avec eux !
Moi : Ok d’accord je pensais que Pôle Emploi pouvait m’aider là dessus, apparemment pas, je vais donc contacter la CCI et pour ma lettre en réponse à l’avertissement avant radiation, est-ce que vous l’avez bien reçu ?
Elle : Je vais voir ça avec la directrice…

Petit interlude

Alors là laissez-moi vous décrire la scène car c’est important de comprendre l’état d’esprit des gens qui sont reçus à Pôle Emploi et pourquoi il est si facile de péter une pile dans ce genre d’agence (il faut avoir le coeur bien accroché quand on est au chômage croyez-moi). La conseillère arrive devant la porte et l’entrouvre pour poser la question : est-ce que t’as reçu une lettre en recommandé récemment en réponse à un avertissement avant radiation ? Moi de là où je suis je ne peux pas voir la directrice et on me fait bien comprendre que je ne dois pas venir pour en discuter directement avec elle, bah oui ce serait trop beau de pouvoir discuter de ce malentendu et de le régler en 5 min, il vaut mieux qu’elle m’envoie un courrier pour me faire part de sa décision, courrier auquel je ne pourrai probablement pas répondre d’ailleurs…

Bref à ce moment là, voilà comment on se sent : je suis créateur d’entreprise, j’ai un projet, et là dans ce bureau, où je ne vois même pas le visage de la directrice, elle va décider de mon sort, sans me connaître, sans discuter avec moi, juste sur ma lettre-réponse pour décider si oui ou non elle m’autorise, par son droit divin, à continuer à toucher mes indemnités chômage pour lesquelles j’ai côtisé pendant plus de 6 ans de travail et qui pourraient me permettre de mener à bien mon projet. Le seul mot qui me vient à l’esprit c’est l’impuissance face à un système totalement absurde où l’on ne vous écoute pas.

Vous savez en justice, il y a la présomption d’innocence, qui implique que toute personne est considérée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été prouvé. A Pôle Emploi, il y a la présomption de fainéantise, qui implique qu’on vous considère comme une personne souhaitant profiter du système, fainéante et menteuse. Je peux vous dire que maintenant que j’ai vécu cette situation, je comprends extrêmement bien les personnes qui pêtent un câble dans les agences Pôle Emploi, car même avec toute la bonne volonté du monde, personne ne vous écoute, tout le monde vous juge et vous prend pour un con.

Et on continue

Elle : (qui revient du bureau de la directrice) : Oui c’est bon elle l’a reçu ce matin mais elle n’a pas eu le temps de la lire. Bon alors on fait quoi pour l’EPCE ? Franchement si vous voulez accélérer le traitement de votre dossier et faciliter le travail de la directrice vous feriez mieux de reprendre un rendez-vous pour faire l’EPCE.
Moi : Bah vu que ça a l’air obligatoire, évidemment que je vais le faire votre truc
Elle : Bah voilà, vous voyez quand vous voulez ! (gros sourire d’hypocrite, l’envie de s’en prendre à son intégrité physique n’est pas loin, mais je lui souris et je reste aimable)
Elle : Bon alors quand est-ce que vous êtes disponible pour un rendez-vous ? J’ai une possibilité la semaine prochaine ?
Moi : La semaine prochaine je ne peux pas je suis en vacance 1 semaine
Elle : Ah oui ? Mais il faut déclarer ça dans votre espace personnel, je vois que c’est pas fait, vous n’avez pas l’air très disponible dis donc… (sous entendu pour moi c’est toujours les vacances alors que je bosse 14h par jour 5 jours / semaine, les horaires Pôle Emploi ? Du lundi au jeudi 8h30 – 16h15, le vendredi 8h30 – 12h30, bah oui c’est le week-end le vendredi après-midi c’est bien connu !), vous devez déclarer toute absence supérieure à 3 jours (et bien non, tu t’es planté c’est 7 jours, pas 3, cf le site officiel)
Moi : Heu non il me semble que c’était 5 jours ? (je me suis trompé aussi !)
Elle : Non c’est 3, bon alors du coup on va mettre votre période d’abscence, (…) voilà c’est fait, je vous propose un rendez-vous le 5 juin ça vous ira ?
Moi : Oui le 5 juin c’est bon pour moi.
Elle : Et bien voilà, c’est parfait, merci monsieur et bonnes vacances hein ! (toujours avec son ton désagréable)
Moi : Merci beaucoup, au revoir

Cette femme a tout bonnement été excécrable, elle m’a traité comme un abruti fini, je me suis fait traiter comme un chien, mais j’ai dû ravaler ma colère, rester calme et souriant car mes indemnités sont plus importantes que de lui prouver par A+B qu’elle avait tort, qu’elle ne m’écoutait pas et que le système est complètement débile et mal conçu.

Jusqu’à présent, j’avais toujours été agréablement surpris par les conseillers de Pôle Emploi comme je l’ai souligné à plusieurs reprises dans mes précédents billets. Et bien ils viennent de perdre toute ma confiance. Cette prestation EPCE ne sert qu’à monter un dossier fictif de validité de boîte pour pouvoir dire à leur hiérarchie qu’un prestataire externe, qui n’y connaît rien au développement d’applications sur smartphone ni au marché a validé mon projet et qu’on peut demander le maintien de mes allocations chômage. Ça leur permet peut être de dormir sur leurs 2 oreilles d’avoir un prestataire externe qui leur confirme que je ne suis pas un abruti fini ?

C’est insupportable. J’espère que TheFamily et Koudetat+ vont changer tout ça. Ça ne m’étonne pas que la France soit pleine de chômeurs, si on fout des bâtons dans les roues aux créateurs d’entreprises, c’est mal parti pour créer de nouveaux emplois.

Au final, j’ai coupé court à la conversation à plusieurs reprises, car de toute façon parler à quelqu’un qui a le pouvoir et qui ne vous écoute pas, c’est peine perdue. Si ça se trouve, la directrice trouvera ma lettre suffisante pour ne pas m’obliger à faire cette EPCE et autorisera le maintien de mes allocations chômage pour mon entreprise. Mais là pour l’instant, je me retrouve à nouveau avec un rendez-vous sur les bras pour une EPCE parfaitement inutile le 5 juin.

J’attends la réponse divine de la directrice par courrier car les dieux ne connaissent pas les emails, et puis comme ça par courrier c’est bien, ça arrivera plus tard, ça me fera stresser plus longtemps et je n’aurai probablement pas le droit d’y répondre ou d’obtenir un rendez-vous pour expliquer ma position.

Rêvons un peu (ou pas)

Allez, soyons fous ! Pensons à quelques éventualités possibles :

  1. Une éventualité formidable : la directrice accepte ma lettre réponse et déroge à ce que je fasse cette EPCE inutile, j’appelle Pôle Emploi pour annuler le rendez-vous et tout s’arrange, je peux continuer sans encombres avec le maintien de mes indemnités.
  2. Une éventualité réaliste : la conseillère se vante d’avoir tout arrangé et informe la directrice que je vais faire l’EPCE, la directrice ne lit même pas ma lettre car de toute façon elle a autre chose à faire que son travail et je devrai donc passer par l’EPCE qui me fera perdre mon temps inutilement.

Bref dans tous les cas, je ne changerai pas d’avis sur l’EPCE, c’est parfaitement inutile, et devoir obtenir l’aval de Pôle Emploi sur mon projet pour avoir le droit à mes allocations chômage me semble un frein énorme à la création d’entreprise car personne, je dis bien personne ne peut dire si un projet va fonctionner ou pas juste sur la base d’un dossier bidon fait par une société de prestation qui ne connaît rien au marché des smartphones ou au développement logiciel.

Tout cela m’a fait perdre 1 journée complète de travail et a fait quadrupler mon taux de stress : merci infiniment Pôle Emploi, vous êtes l’avenir de la France et de l’entrepreneuriat.

La seule leçon à retenir

La seule leçon que je vais retenir de tout ça, c’est que Pôle Emploi est juste un aiguilleur concernant votre projet, qu’il fait mal son boulot, et qui n’apporte absolument aucune valeur ajoutée à vos démarches. J’ai téléphoné à la chambre de commerce et j’ai pu obtenir un rendez-vous dans la foulé, je vais rédiger un billet là dessus, car eux, sont compétents et à l’écoute, un vrai bonheur pour les entrepreneurs.